Mobilités lycéennes du projet

« Cooper’actif : Habiter ensemble autrement demain »

du 4 au 8 novembre 2019 à Eindhoven / Pays-Bas

Deux classes de lycéens en immersion à l’université de la TUe

Trois jours intenses, véritable  marathon pour les jeunes lycéens polonais et français qui se sont retrouvés avec leurs « tuteurs », une belle équipe d’étudiants de l’université de la Tue  qui les recevait dans le cadre d’un atelier concocté sur mesure, pour les mettre en situation de potentiels  futurs habitants  et acteurs d’un habitat participatif ; les étudiants se trouvant eux dans la situation de jeunes architectes face à leurs potentiels clients d’un autre genre, pour une pratique  du métier où le maître mot est le dialogue et la coopération. Dans ce jeu de rôle conçu d’abord pour être ludique, beaucoup d’apprentissages, étapes par étapes et dont la dernière et non la moindre fut pour les jeunes de restituer leur aventure et présenter leur projet d’habitat partagé devant un auditoire de professionnels.

La visite de l’université de Eindhoven, forte de ses 12000 étudiants et multiples bâtiments, édifiés de 1956 à nos jours, fut elle-même un moment fort de ces apprentissages. La vitrine des techniques constructives et types d’architecture sur un petit demi-siècle donne en elle-même une petite leçon d’architecture contemporaine, qu’on aimerait voir valorisée en tant que telle. La visite des salles de maquettes et la confrontation modeste mais réelle à un premier exercice de mise en espace fut elle aussi très instructive.


J1 : Le projet Cooper’actif a fait étape à Eindhoven, aux Pays Bas, où se retrouvent depuis mardi pour 4 jours plus d’une quarantaine de participants, dix lycéens de Pologne, 12 lycéens de France, 10 étudiants de la Tue et plus de 10 enseignants et autres membres du consortium.

L’équipe polonaise, arrivée depuis lundi, a pu découvrir la ville et a engagé les workshops avec une conférence introduisant une courte histoire sociale du logement. L’enseignante Sophie Rousseau a su avec justesse adapter le niveau de ses cours à un public de lycéens, attentif qui expliqua avoir entendu ici parler pour la première fois de la question du logement et de la naissance du logement social. A partir du cas néerlandais, c’est en fait une histoire européenne qui s’est conclue avec les naissances des politiques publiques et des premières lois votées entre la fin du XIX et le début du XXe pour chaque pays. Ainsi, l’engagement citoyen dans la production sociale de l’habitat, auquel se réfère l’habitat participatif, qu’on l’appelle coopératif, partagé, groupé ou « co-housing » trouvait là une mise en contexte propre à permettre aux jeunes de se situer dans une perspective historique de longue durée.

L’après-midi, était organisé une visite du campus de la prestigieuse université d’Eindhoven, et de sa cinquantaine d’édifices, tous représentatifs d’un pan de l’histoire des techniques de l’architecture contemporaine sur plus d’un demi-siècle : Le bâtiment original date de 1956, le plus récent est la dernière réhabilitation du monumental « Atlas », accueillant le département du design industriel : Ce fut l’occasion pour les architectes visiteurs d’un retour aux architectes organisateurs avec une demande, proposition pour un nouveau projet de pédagogie d’architecture : faire faire aux étudiants de la Tue un livret de découverte d’une histoire de l’architecture contemporaine, tel un livret d’accueil, à l’attention des 15 000 personnes qui fréquentent le campus.

Le soir a commencé la première étape du workshop qui doit se poursuivre sur trois autres journées, autour de la compréhension, par le jeu, de comment se monte et se conçoit un projet d’habitat participatif. Une douzaine d’étudiants de la Tue se sont mobilisés pour encadrer et servir de tuteurs aux lycéens à qui étaient proposé les trois premières étapes du parcours de l’apprenti co-habitant : Apprendre à se connaitre, découvrir comment on vit à plusieurs, dans ses similitudes et ses différences, comment mettre à profit les défis posés par les différences et les opportunités issues des similitudes… une journée bien remplie, conclue autour d’une pizza, pour rappeler qu’en matière d’habitat participatif, les projets ont souvent comme premier moteur les repas partagés.


J2 : Deuxième jour des travaux et visites pour les étudiants polonais et français, pour qui parler en anglais est devenu presque naturel et qui s’habituent vite à cette situation, pourtant peu banale, de travail collectif avec des élèves et étudiants d’autres cultures et d’autres âges.
Le matin, accueillis par un habitant une visite du site NRE, ancien site industriel, permit aux jeunes lycéens de découvrir de manière condensée un beau panel de notions : le contexte géographique des nombreuses friches industrielles et leur potentiel de reconversion, la qualité urbaine donnée par une qualité d’implantation ( ici, proche du centre-ville), la réalité de l’autopromotion citoyenne privée comme réponse à la crise du logement et, notamment, la rareté de l’offre de maisons de retraites où vieillir, l’intérêt d’une mixité entre réhabilitation et construction neuve, pour concilier usage et conservation de la valeur patrimoniale, l’intérêt d’une mixité entre logements et autres activités, l’axe public/privé des espaces, l’importance de la lumière, la durée d’un projet, la pratique de la photographie dans un repérage de site… etc.
Bel exemple témoignant d’un mode de production du logement courant aux Pays Bas…

Les workshops continuent avec des apprentissages structurés, étape par étape : découvrir la pratique de l’interview, celle du brainstorming comme technique d’enrichissement mutuel par l’échange, comprendre la notion de fonction et l’importance du programme dans un processus de conception, avant d’en arriver à la phase de mise en forme et spatialisation.


J3 : Le troisième jour du marathon des jeunes lycéens du projet Erasmus+ « Cooper’actif, Habiter ensemble autrement demain » s’est poursuivi avec la visite de l’opération « Space S , opération d’habitat partagé de 400 logements située dans le quartier des usines Philips, où l’accueil conjoint par l’architecte de l’opération et par un habitant a permis d’imaginer l’inimaginable : comment une initiative habitante de 10 personnes a pris corps, grâce à Facebook, pour mettre en synergie un groupe de 400 personnes, sélectionnées sur 3000 volontaires ; comment un promoteur et un architecte qui se prêtent au jeu permettent de concevoir 104 plans différents, ajustés aux demandes plutôt qu’un plan standard…

Comment faire cohabiter des classes sociales très différentes, des personnes âgées, des gens porteurs de handicaps, y compris de déficience mentale… Jardins sur les toits, cuisines et salons collectifs partagés sont désormais un vocabulaire ordinaire de cette initiation à l’architecture…

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